
résumé éditrice : » Elle s’appelle Meryem, mais vous seriez étonnés en voyant à quel point les gens ont du mal à épeler un prénom de deux syllabes. Après plusieurs entretiens d’embauche dont elle n’aura jamais de nouvelles, Meryem, 25ans, fille d’immigrés marocains, finit par obtenir un stage dans les bureaux de Supersaurio, la plus grande chaîne de supermarchés des îles Canaries. Moyennant 3h de guagua(bus) quotidiennes au milieu des touristes en short, elle gagne le droit de passer ses journées avec une supérieure décidée à lui rendre la vie infernale, et avec les autres, les collègues qui ne voudraient pas avoir l’air sexistes , mais « est ce que ce n’est pas plus difficile de travailler avec des femmes?«
Quand elle ne fantasme pas son suicide dans les toilettes de l’entreprise, elle écrit des fanfictions, tente d’esquiver les afterworks, traîne sur les applis de rencontre, fuit un propriétaire malhonnête et se fait harceler dans la rue. Chaque matin, elle se répète qu’elle n’héritera pas de l’entreprise, mais de temps en temps, elle l’oublie.
On naît, on travaille, et à la fin on meurt, et c’est déjà bien si, entre-temps, on arrive à profiter d’un intérieur suffisamment grand pour y entreposer 2 monsteras et un tapis de yoga. »
J’ai adoré chaque ligne de ce roman! Tout d’abord, les tribulations de Meryem dans ce monde absurde, son ton absolument caustique, son sens de la répartie (en dialogue interne, comme pour beaucoup de gens) m’ont vraiment régalée. De manière plus profonde ce roman illustre vraiment le désenchantement face à l’avenir et au monde du travail d’une génération broyée par le capitalisme, le racisme et le sexisme « ordinaires »; il est à lire d’autant plus en ce moment de manifestations et de protestations de la jeunesse française et européenne! Il n’est pas seulement drôle mais également touchant, pour moi c’est un texte important et mon gros coup de cœur de cette année <3
Supersaurio, de Meryem El Mehdati , publié aux éditions La Meute, traduction de l’espagnol (Canaries) par l’éditrice Lorraine Selle-Delavaud. 15/10/2026, 22.50euros